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jeudi 9 juillet 2020

Dix ans. Me voilà de retour sur ce blog que j'ai créé et que j'ai abandonné.
Pourquoi j'ai abandonné ? Je ne m'en souviens plus. Le journal pour lequel j'écrivais a fermé ses portes. J'ai vraisemblablement été happée par d'autres projets. Et pourquoi suis-je revenue sur ce blog dix ans après ? Le confinement. Un arrêt autorisé et inespéré. Un isolement qui permet des rétrospectives. J'écris mon pseudo sur la fenêtre de recherche de Google - ô comble du narcissisme !-, et mon blog apparaît. Je m'étonne moi-même mes articles. Et je m'étonne surtout de la raison qui m'ont poussé à les écrire, vu que je n'ai fait aucune promotion pour mon activité de déco qui était en cours en ce temps là. En fait, j'écrivais pour mon propre plaisir. Et je me souviens que c'était en effet plaisant. Alors je reprends. Pour moi, pour mon ange gardien qui m'a sans doute amené vers ce blog, et pour les hypothétiques lecteurs qui me liront. Je salue et remercie, au passage, la seule personne qui m'a laissé un commentaire😊.
En avant donc ! Le temps de me ressourcer cette nuit, et je poste mon premier article de la décennie..

dimanche 13 février 2011

Quel style pour les "trano gasy" ?

Dans un de mes article je parlais de la déco à éviter dans les maisons style « trano gasy ». Vous avez été nombreux à m’écrire pour me demander : quel style adopter alors ?
En fait pour l’intérieur des maisons coloniales malgaches, tout est possible. La hauteur sous plafond est importante et les fenêtres sont généralement grandes, ce qui fait qu’on a souvent une luminosité optimale dans les pièces. Une des particularités de ces belles maisons de style victorien est la régularité dans leur architecture : sur les façades, les distances entre les fenêtres sont les mêmes. Cela impose certaines contraintes dans la distribution des pièces à l’intérieur de la maison. La distribution classique est deux pièces de dimension égale de part et d’autre d’une cage d’escalier centrale. La distribution des « trano gasy » n’est donc pas toujours adaptée aux modes de vie modernes ce qui fait qu’au fil des années, elles ont subi des transformations successives qui ont parfois dénaturé leur architecture. Actuellement, à Madagascar, les rénovations se font avec plus d’égards pour l’architecture d’origine des maisons. Nombreuses d’entre elles ont retrouvé leur varangue qui ont été murées pour servir de pièce d’eau ou de cuisine qui manquaient généralement à l’intérieur des ces maisons anciennes. Ces balcons larges qui habillent la façade principale des maisons coloniales sont une spécialité des îles de l’Océan Indien. Le mot « varangue » est normalement attribué à une des pièces de charpente d'un bateau, les colons l’ont emprunté pour nommer cet  élégant élément architectural.
Alors comment décorer l’intérieur de ces belles maisons ? J’ai un penchant particulier pour le style victorien mélangeant les arts déco des années 20, ou le baroque avec les mobiliers coloniaux. Des tableaux de peintres malgaches aux cadres avec des dorures. 
Pour marquer le métissage apporté par les colonies, mais aussi le métissage caractéristique de la culture propre aux malgaches, il est aussi très intéressant de mélanger les styles et les époques : malgache, européen, africain, asiatique ou orientale en trouvant la juste mesure. Attention à faire trop de mélange ! Les pièces ne sont pas vastes, cela risquerait de surcharger la déco et l’espace !
Canapé de style victorien recouvert d'un tissus aux imprimés contemporains 

Une borne victorienne à placer au centre d'une grande pièce

Un tableau de Chan sur un mur rouge

Le style le plus adopté par les français qui sont très friands de ces maisons est le style provençal ou méditerranéen. Les  murs patinés avec des peintures à effets ou des enduits décoratifs, des frises aussi, parfois. Beaucoup d’étoffes aux habillages des portes et des fenêtres, des meubles massifs et rustiques. Des couleurs chaudes comme l’ocre jaune ou rouge, le bleu azur, le marron. Des plantes vertes.
Mais le style le plus audacieux pour ces maisons est le contemporain. En évitant le minimalisme qui pourrait donner une atmosphère monacale et ennuyeuse, le contemporain apporte une luminosité nouvelle qui rafraîchira les intérieurs anciens. Le contemporain classique avec ses chromes, ses couleurs crème et claires, ses matières modernes et lisses, ses formes simplifiées et nettes donnera du chic à ces maisons ! 

     

mercredi 2 février 2011

Les housses de canapé

Vous aviez été nombreux à m'écrire pour me demander des photos des housses de canapé. En général, je ne mets pas les photos des ouvrages que j'ai faits pour les gens, par discrétion. Ce sont des pièces uniques alors ça reste confidentiel. Je vais donc m'efforcer de vous expliquer.
Tout dépend de ce que vous recherchez : voulez-vous changer le tissus qui recouvre le canapé ou voulez-vous une housse amovible ? Pour le premier cas, il faudra peut être démonter l'ancien tissus et si le canapé est vraiment en mauvais état, remplacer les garnitures et les sangles qui sont à l'intérieur. C'est un travail relativement important et qui requiert l'expérience d'un tapissier. Pour le second cas, il s'agit d'une housse amovible qui sert à protéger le canapé ou à cacher des imperfections, mais dans tous les cas, il devrait aussi l'embellir. Ceci est le travail d'une couturière d'ameublement. C'est aussi un travail qui demande du temps et beaucoup de soins.
                                                

                                             Exemple d'une housse extensible
                                                      Exemple d'un jeté noué

                                                  Exemple d'une housse ajustée avec passepoil

Il y a plusieurs sortes de housses amovibles : les extensibles sont les plus utilisés car elles s'adaptent plus facilement à la forme des canapés comme un juste-au-corps habille une personne. Le problème c'est que si le canapé qui est en dessous a des défauts, ça sera visible à travers la housse. Et puis, on ne trouve pas toujours la couleur ou le style d'imprimé qu'on recherche dans les extensibles. Si vous voulez un tissus noble comme le lin ou un beau jacquard, ça sera vraiment difficile. Il y a les housses ajustées fabriquées avec des tissus épais et souvent passepoilé qui vont donner un nouvel aspect à votre canapé car il va souligner des lignes ou cacher des imperfections. Ce sont les housses les plus difficiles à fabriquer mais qui donne le meilleur effet. La prise des mesures et du gabarit et très important. Normalement, le gabarit doit être monté sur le canapé, ce qui fait que l'artisan doit avoir le canapé dans son atelier. Et enfin, il y a les jetés avec des coins noués qui rappellent le style de Madura. Ces jetés couvrent les canapés élégamment mais on peut leur reprocher de cacher complètement la forme d'origine du canapé. Ils sont plus faciles à confectionner est s'adaptent à toutes les formes de canapé. Mais ces housses demandent beaucoup plus de métrages de tissus que les autres.

dimanche 23 janvier 2011

Malgache, quel est ton style ? (suite)

J'ai dis que j'avais la nuit pour réfléchir à la réponse à cette question. Mais j'ai mis dix jours pour y parvenir. J'ai cherché d'où puise-t-on ce que nous admettons, à Madagascar, être notre style. D'où vient le style "gasy-gasy". J'ai commencé par remplacer le terme "gasy-gasy" par "malagasy".  Et puis j'ai plongé dans des tonnes de livres, dans les rares expos qui se tiennent à Tana, j'ai discuté avec des artistes et des historiens. J'espérais ainsi pouvoir produire une idée, un croquis, l'esquisse d'une déco que j'aurais pu proposer à mon client. Mais finalement, je suis allée le voir avec un projet d'une composition très nature, proche du zen. Un style épuré, sans fioriture, mais dont chaque élément est composé de matières nobles et précieuses : palissandre et bois de rose ( désolée pour la préservation de l'environnement), soies  sauvages tissées, jabo et fibre de raphia. Le client a regardé mes images en 3D, et touché mes échantillons, puis il m'a dit : "C'est très beau, j'aime les matières que vous avez choisi, mais le style, c'est pas malgache, c'est trop vide". Je lui ai dis : " C'est fait exprès, Madagascar est une île éponge, nous avons la particularité d'absorber toutes les cultures, tous les styles. Le vide est là pour pourvoir accueillir vos propres coups de coeur : c'est cela le style malgache." Il a été ravi !!

jeudi 13 janvier 2011

Malgache, quel est ton style ?

Qu'est-ce que le style malgache ?
Question difficile. Est-ce qu'il existe un style malgache dans la déco, dans les expressions artistiques et créatives ?
Souvent, on entend par "art malagasy" des objets utilitaires fabriqués de manière artisanale. On confond souvent l'artisanat et l'art proprement dit. Mais c'est peut être cette particularité qui différencie la conception de la créativité à Madagascar par rapport aux autres pays où les objets d'art sont, par définition, inutiles, car leur raison d'être est essentiellement esthétique. A Madagascar, une cuillère en corne de zébu, une nappe brodée, un tabouret ou une porte zafimaniry, sont des "arts malagasy".
Dans les autres pays, le "style" par lequel on identifie la culture propre aux habitants est exprimé à travers des objets. Le visuel est très important, tout autant que la musique et le langage. A Madagascar, l'expression visuelle est difficilement identifiable. Son appartenance s'étend à plusieurs cultures, ce qui rend sa lecture incertaine. Existe-t-il des motifs, des graphismes typiquement malgaches ? Les motifs que l'on trouve dans l'artisanat Zafimaniry m'ont fait pensé que oui. Il est d'autant plus vrai que ces motifs ont des significations et qu'ils ont été tracés pour des raisons bien définies. Mais lorsqu'on étend ses recherches dans l'art africain, indo-malaisien ou océaniens et dans l'art primitif en général, on retrouve à peu près les mêmes codes. Ce qui n'est pas étonnant, étant donné que notre peuplade vient de ces régions du monde. Mais pourquoi n'avons nous que très peu d'"objets" décoratifs typiques ? Comparé aux autres pays d'Afrique et d'Asie, nous n'en avons très peu. Ce qui est étonnant pour un pays qui a plusieurs millénaires d'histoire.
         Fenêtre et boîtes à miel, artisanat Zafimaniry

Alors ? Alors, pour reprendre l'expression lue dans Géo, Madagascar est "une île émotion". C'est par là qu'elle s'exprime. Cette émotion est une énergie dégagée par les personnes, la collectivité. C'est une émotion faite de vibrations. Elle est plus facilement exprimée à travers la musique et les sons, parmi lesquels on peut classer les haiteny, les kabary, les contes et les mythes. Mais la culture malgache laisse rarement des traces matérielles et définitives. Dans notre histoire, le peu de mémoire matérielle qui nous a été léguée a été effacée par la colonisation et le christianisme.
Alors ? Alors, pour en revenir à mon problème de définition du "style malagasy", quand un client me dit "gasigasy", je tique. D'abord parce que ce diminutif qui se veut affectueux est, selon moi dévalorisant pour notre culture et ça m'énerve parce que ça revient de plus en plus dans le langage quotidien, dans les médias et même lors des rencontres artistiques. Mais je tique surtout parce que je ne sais que dire à mon client qui attend de moi une réponse claire et intéressante qui corresponde à un certain cliché. J'ai la nuit pour y réfléchir...
                                                   Peinture à l'aiguille, artisanat malgache

samedi 8 janvier 2011

La déco à éviter dans les maisons style "trano gasy"

Exemple de Déco Kitsch

Une maison de style colonial à Antananarivo
D'abord, il faut préciser que l'expression "trano gasy" pour désigner les belles demeures anciennes que l'on trouve dans les villes des haut-plateaux, ne sont pas des maisons traditionnelles malgaches mais des maisons de style colonial. Une belle maison traditionnelle malgache pourrait ressembler à Manampisoa qui était dans le Rova de Manjakamiadana. Ceci étant dit, ces belles maisons nous font toujours rêver. Hauteur sous plafond idéale pour des beaux rideaux drapés, parquets en bois précieux qui mettent en valeur les meubles et les tapisseries, une distribution qui fait qu'on peut parfois voir des pièces en enfilades, etc. La déco qui va avec l'intérieur de ces maisons sont nombreuses et varient du classique ou du rustique au contemporain. Mais ce qu'il faut éviter c'est le kitsch !!! à proscrire absolument ! C'est vrai que certains designers ont intégré ce style dans leur collection comme un hommage au mauvais goût ou par provocation, et qu'à un certain sens, on peut y trouver de l'humour, mais dans une maison de style coloniale, c'est tout simplement ringard. Alors pour décorer votre belle maison, n'allez pas dans ces magasins qui vendent des objets de déco fabriqués industriellement à des milliers d'exemplaires qui imitent les pièces des designers célèbres. Allez plutôt voir les artisans !

mercredi 5 janvier 2011

On aime beaucoup les créations d'Aloalo !

                                                          Cliquez sur l'image pour l'agrandir

vendredi 31 décembre 2010

Extrait d'un article du Journal de l'Economie

Artiste-marketeur, un concept qui marche

Par Fara Andria

Il est une race de créateurs étonnants, mi-artistes, mi-marketeurs à Madagascar, avec lesquels on a du mal à distinguer le commercial de l’artiste. Une chose est sûre : ils ont inventé un nouvel art de vendre. Et pour cela, nous avons voulu les classer parmi les nouveaux créateurs de concept. Leur technique est simple, ils disposent de deux armes redoutables : le talent et le tchatche. Mais Madagascar est un pays de tradition orale, et nous ne sommes pas étonnés de voir que ce genre de relation entre le créateur et le public fonctionne chez nous alors que dans les pays occidentaux, les créateurs gardent leurs distances par rapport à leur public ou sont protégés par une armée de managers.
(....)

Randriatahina André, sculpteur de l’imaginaire

Randriatahina André est un sculpteur étonnant. Il sculpte des racines de plants de mimosa qui sont déterrées par les cultivateurs dans la région d’Antsirabe. Ses œuvres sont pleines de créativité et l’artiste a su détourner la matière brute en respectant sa forme d’origine. Il leurs donne des formes fantastiques tout droit sorties de son imagination fertile, racontant des histoires extraordinaires de monstres préhistoriques sortis d’un œuf arrivé dans un village dans des circonstances rocambolesques. Il pose invariablement la question « on ne connaît pas le monstre qui est sorti de cet œuf maléfique, mais voici quelques unes des possibilités. Selon vous, lequel est-ce ? » Souvent, le visiteur choisit une sculpture et s’en va avec, après l’avoir payé, la tête pleine de rêves. Ce marketing participatif reflète peut-être le besoin du consommateur de s’identifier au créateur et plus particulièrement à son concept, et à aller plus loin en s’accaparant de son œuvre. C’est aller au delà du custom qui s’arrête à l’objet. Ici, le consommateur décide de l’histoire de l’objet et de sa signification.

Nota : Je n'ai malheureusement plus les photos des oeuvres de cet artiste. Si vous le retrouvez, s'il vous plaît, envoyez-moi un petit message.. 

jeudi 23 décembre 2010

Foule-contact


Intérieurs de la maison de Monet à Giverny


30 degré à Antananarivo. Temps couvert. Belles éclaircies. La circulation est plus fluide que les derniers jours. Mais les piétons se piétinent encore sur les trottoirs encombrés par les marchands occasionnels qui ont étalé leurs marchandises à même le sol. Certains s'énervent, d'autres  attendent patiemment que le passage se débouche, le temps qu'un marchandage entre un vendeur de chaussures usagées et un client se conclue. C'est bizarre qu'on trouve normal que l'étale d'un fripier côtoie celui d'un vendeur de fruits et de légumes qui lui-même vend des guirlandes qu'il a accroché à son parasol.  Se balader à pied dans le centre ville peut être une partie de plaisir ou un véritable calvaire selon son état d'esprit du moment. Ce matin j'étais d'humeur à me frotter à la foule. "Frotter" n'est pas assez juste, c'est une véritable mêlée digne d'un match de rugby. Un corps à corps moite et chaud qui a quelque chose de bestial. On perçoit à travers les vêtements humides de transpiration, des âmes fébriles, impatientes et euphoriques. Les mots sont saccadés, on s'interpelle, on parle fort. Un père de famille guide sa petite famille à travers la cohue à la manière d'un général de corps d'armée : "Pas par là ! c'est la mêlées ! par ici ! si on se perd rendez-vous devant Rary Hasina !". Ce qui est étonnant, c'est que dans ce tohu-bohu,  aucune étale n'est renversée ni piétinée, ce qui croyez-le, est un véritable exploit ! J'ai mis vingt bonnes minutes pour marcher de La Potinière à Andohan'analakely en passant par le marché ! Un itinéraire qu'on fait normalement en cinq minute. Bon, j'ai musardé un peu, mais quand bien même !
Pourquoi je vous parle de mes déambulations piétonnes dans mon blog de déco ? Et bien parce que cette promiscuité avec les gens de ma ville, les vrais citadins, le vrai Tana, m'inspire. La foule m'envoie des messages. J'écoute leurs envies, ils me transmettent l'air du temps. On peut de cette manière anticiper sur la tendance de la prochaine saison. J'entends déjà certaines personnes qui me disent que c'est impossible, que la tendance ne peut venir de la "masse". La foule est une masse organique vivante qui évolue sans les contraintes d’un monde organisé. C’est une expression libre et spontanée. Quand cette masse est heureuse, elle envoie des pulsions de bonheur que l’on capte pour peu qu’on ne se renferme pas. Ces pulsions dessinent les aspirations, des formes et des couleurs aussi palpables que l’odeur des mangues et des prunes et qui teintent de pourpre, d’orange et de vermillon les trottoirs de la ville. La masse me dit qu’elle aspire à un retour aux sources, à l’authentique, une certaine nostalgie des valeurs familiales et du partage. Un style cocooning ? Oui, mais pas dans le sens du cocon qui se ferme à l’extérieur qui a eu cours depuis les années 2000. Un cocoon convivial, qui aime recevoir les copains, ouvert aux nouveautés, au contemporain et au high-tech, mais qui préfère les fauteuils accueillants des grands-mères et l’odeur de confiture.Une déco chaleureuse campagnarde avec tout le confort d'un intérieur bourgeois, comme dans la maison de Monet à Giverny. 


lundi 20 décembre 2010

Conversation entre le béton et un coussin

J'avais pensé créer une déco gypsy avec ces rideaux en lin à fleurs noir et beige. Et puis Tsirisoa a composé cette pièce au style contemporain-classique. Chapeau l'artiste ! Comme quoi derrière le travail d'un décorateur, il y a toujours un bon architecte qui se cache... Et vice-versa. J'y ai accroché des toiles de Raparivo et de José Nirina que j'ai beaucoup aimé.
Au fait, vous devez vous demander comment se passe la coopération entre un architecte d'intérieur et un décorateur ? Quelles sont les différences profondes entre ces deux métiers, et pour aller plus loin, quelles sont les différences entre, architecte, architecte d'intérieur, designer et décorateur ? En cherchant dans la littérature, on trouve des définitions parfois diamétralement opposées. De nos jours, la différence est pourtant ténue. Les frontières sont subtiles et souvent estompées. C'est le genre de discussion qui peut nous tenir jusqu'à des heures indues à l'atelier, pour finalement en arriver à la conclusion, vers une heure du matin et deux mojitos chacun, qu'il n'y a pas de définition. Des prises de têtes pas forcément inutiles car elles nourrissent nos imaginations et boostent notre créativité en nous donnant l'envie d'aller voir plus loin, de faire et de défaire les conventions et les déjà vus.
Mais pour répondre plus simplement à la première question, en tant que décoratrice, je me consacre beaucoup plus à l'habillage, les étoffes, les matières, les détails qui donnent vie et une identité à une pièce. Tsirisoa se consacre à la structure, aux volumes, à la distribution et à l'ergonomie. A un certain moment, nos métiers se rencontrent et fusionnent.

mardi 14 décembre 2010

Rhapsody in white

Dans cette pièce composée par Tsirisoa ( www.maisonsmadagascar.blogspot.com ) où le blanc domine,  j’ai voulu respecter l’impression d’espace et de luminosité tout juste ponctuée de quelques touches de couleurs combinées à des formes courbes et simples. Les coussins rouges et ronds jetés négligemment sur le tapis blanc contrastent avec l’atmosphère minimaliste et épuré de la pièce comme la chaleur d’un cœur sur la neige.  Les rideaux sont en coton peigné qui est une matière souple et douce donnant un retombé parfait qui ne mettra pas de fausse note à la sobriété de la déco. Les graphiques en courbe noir, gris et rouge sont repris dans les couleurs des coussins. Associés aux fauteuils blancs immaculés, l’ensemble donne un style intemporel dans une ambiance reposante et conviviale.  Nous avons imaginé ce séjour pour un jeune couple branché nouvellement installé à Tana qui a choisi un appartement cossu dans les hauteurs de la ville.

Comme au cinéma

La création d’une pièce ou d’une composition (une parure de lit, un habillage de fenêtre assorti aux coussins, un jeté pour divan, etc.) part d’une émotion  provoquée par toutes sortes de choses souvent anodines,  parfois inattendue.  Une couleur et son reflet peuvent m’obséder pendant des années et je vais la rechercher à travers toutes les matières que j’utilise. Parfois se sont les formes, le touché d’une matière, les trames d’une étoffe. C’est rarement un style. C’est très souvent une émotion. J’imagine une histoire à travers un décor. Je fais vivre en imagination les personnes qui vont évoluer dans ce décor. Je pense à leurs mouvements, à leurs attitudes, à ce qu’ils ressentent. Je mets les personnes en lumière et leur vie en scène. A travers la déco que je crée, j’interprète leur histoire. Comme au cinéma, je place les personnes dans un espace qui leur ressemble et qui les met en valeur.

Nommer les tissus par leur nom

Broché, jacquard, damas, chintz, organdi, organza, voile du jour, etc. On trouve toutes sortes de tissus sur le marché. Les dénominations sont différentes et multiples. A Tana, lorsqu’on dit « lin », cela peut être le tissu tissé avec des fils provenant de la tige du végétal. Mais cela indique aussi un tissu tissé avec des fils de coton ou du fil synthétique dont la trame imite le tissage traditionnel du lin. De même, chez nous on dit « soie » pour parler des soieries. La différence entre les deux c’est que la soie est une étoffe fabriquée à partir de fil de soie très fins, mais que la soierie peut être fabriquée à partir de fils synthétique qui imitent la soie. Les exemples de ce type sont nombreux. Certaines personnes sont très exigeantes en ce qui concerne la qualité et n’acceptent que les étoffes authentiques et nobles fabriquées avec des matières naturelles et peuvent être choquées par ces fausses dénominations. Le problème c’est que si à l’origine ces subterfuges étaient intentionnels, avec le temps, ces dénominations ont finit par faire partie des vocabulaires courants utilisés sur le marché. Ce manque de culture porte parfois atteinte à la qualité des produits des artisans malgaches. Il est d’autant plus dommage que les matières synthétiques sont actuellement de plus en plus perfectionnées et on en trouve de très belles pièces. Mais ces matières alternatives sont diabolisées par les connaisseurs à cause de l’amalgame qu’on en a fait avec les matières authentiques. Dans notre atelier, nous avons tenu à préciser,  autant que possible, la composition des matières et à respecter les vraies dénominations des tissus.

dimanche 12 décembre 2010

Autant avoir une belle tête pour se faire tringler

Les tringles pour rideaux ne se dissimulent plus sous les cache-rideaux. Ils sont en ferronneries ou en laiton, en bois ou en composite. On les montre ostensiblement et deviennent un élément de décoration. Cette barre horizontale casse la monotonie de la hauteur d'un mur vertical et met du rythme dans une composition. Les embouts du tringle, qu'ils soient ouvragés ou volontairement simplifiés, affirment le style de la déco : ferronnerie baroque noire mate et dorures aux formes courbes, bois précieux rustique, laiton pour le classique, composite métallisé ou laqué pour le contemporain. Il y en a pour tous les goûts. On en trouve dans tous les grands magasins de tissus et les marchés. Mais attention ! Si les choix sont nombreux, les qualités varient d'une origine à une autre. Généralement, plus ils sont massifs, et donc lourds, de meilleure qualité ils sont. L'idéal est évidemment de les faire faire sur commande chez des artisans d'art (ferronniers d'art ou ébéniste), mais le prix sera en conséquence. Cependant, on peut aussi en trouver à moins cher avec un design intéressant dans les commerces courants. Ils sont souvent importés de pays asiatiques et sont en bois ordinaires laqués ou vernissés ou en composite. Ils ont une durée de vie moindre par rapport aux tringles en bois précieux ou en métal, mais tant qu'on n'a pas l'intention de garder la même déco pendant plus de 2 ans, on peut s'en contenter. On peut en trouver à partir de 30 000 ariary chez Eureka à Androndra.
Du coup, les têtes de rideaux s'embellissent ! Suspendus aux tringles par des anneaux, des pattes ou des œillets,elles apportent du caractère à l'habillage des fenêtres. C'est un élément de déco à ne pas négliger car autant que l'ameublement, c'est ce qu'on voit le plus dans dans une pièce. Un beau rideau avec une sale tête, c'est comme une robe de chez Dior portée avec des cheveux gras : c'est navrant.

mercredi 8 décembre 2010

Le full of peps dans la déco à Mada !

J'ai créé ce blog pour parler de déco, car la déco bouge à Madagascar ! Des boutiques commencent à s'ouvrir un peu partout dans la capitale, des jeunes créateurs très "pétillants" émergent et font parler d'eux dans les médias, les créatrices ne sont pas de reste ! La déco prend peu à peu la place de la mode dans ses débuts. Elle se démocratise et devient accessible à tous. Le marché s'adresse à toutes les catégories de personnes et on peut enfin décorer sa maison à bon prix. Un vent de créativité souffle sur la grande île : on veut oublier la morosité de la crise, on veut se chouchouter, on désire changer de décor, on a des envies de couleurs, d'espace et de formes, ou tout simplement des envies d'"autres choses" pour nous changer les idées. Les embellissements des intérieurs et des terrasse vont de pair avec les rénovations et les extensions de maison qui se multiplient un peu partout. Mais, vous savez, faire de la déco, ça peut être tout simplement remplacer la veille paire de rideaux dans la chambre et ajouter quelques coussins assortis. Ça se fait en un clin d'oeil et ça apporte un nouveau peps à la maison !